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Interdiction des voitures thermiques en Chine : Calendrier, Règles et Réalité

Premier marché automobile de la planète, la Chine transforme son parc roulant à une vitesse inédite. L’idée d’une interdiction nette et brutale des moteurs essence et diesel d’ici quelques années circule souvent dans les médias. Pourtant, la stratégie réelle de Pékin s’avère nettement plus nuancée.

Est-il prévu d’interdire l’essence et le diesel en Chine ?

Pékin n’a pas copié le modèle de l’Union européenne ni son objectif zéro émission imposé pour 2035. Le plan stratégique conçu par la Société des ingénieurs automobiles chinois et le ministère de l’Industrie (MIIT) fixe un cap très différent pour 2035. La moitié des ventes neuves devra provenir de véhicules dits à énergie nouvelle. Il s’agit des électriques à batterie, des hybrides rechargeables et des modèles à hydrogène. L’autre moitié restera confiée à des moteurs thermiques, à condition qu’ils soient fortement hybridés.

Il existe une seule exception locale : l’île de Hainan. Cette province du sud sert de laboratoire écologique. Elle prévoit d’interdire la vente de voitures 100 % thermiques dès 2030.

La réalité du marché : l’électrique s’impose par les prix

Sur le terrain, la transition s’accélère sous l’effet de la concurrence industrielle, plus que par la contrainte légale. Les véhicules à énergie nouvelle représentent désormais plus d’une immatriculation sur deux lors des pics de ventes mensuels.

Des groupes locaux comme BYD, Geely ou Li Auto ont pris le dessus sur les constructeurs allemands et américains. Ils inondent le marché de modèles électriques et hybrides très équipés, vendus à des tarifs agressifs. Dans des métropoles comme Pékin ou Shanghai, le système des quotas d’immatriculation décourage définitivement l’achat d’un véhicule thermique classique. Décrocher une plaque essence y relève de la loterie payante. À l’inverse, l’immatriculation d’un modèle électrifié s’obtient presque sans délai.

Pourquoi la Chine ne supprime-t-elle pas totalement le moteur à essence ?

Contrairement aux idées reçues, les industriels chinois ne jettent pas le moteur à combustion aux oubliettes. Ils réorientent leurs investissements vers des blocs thermiques ultra-efficients. Ceux-ci sont conçus sur mesure pour fonctionner comme générateurs dans des architectures hybrides.

Certains moteurs récents atteignent des rendements thermiques record dépassant les 44 %. Parallèlement, le pays soutient le développement de l’hydrogène pour le transport lourd. Il expérimente aussi les carburants de synthèse afin de garder une maîtrise technique sur la combustion.

Fin des voitures thermiques : quelles différences entre la Chine et l’Europe ?

L’Europe a fait le choix d’un couperet réglementaire strict en visant le 100 % électrique en 2035. La Chine préfère une approche industrielle multi-énergie. Elle veut débarrasser les routes du thermique pur, mais conserver le moteur à essence comme appui de l’électrique.

Plutôt qu’une interdiction radicale, la Chine orchestre une conversion méthodique de son industrie. Cette méthode lui permet de sécuriser son marché intérieur. Elle consolide également son avance à l’exportation.

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