Au départ, l’aide devait se limiter à 50 €, comme le prévoyait le décret publié en avril 2026. Puis le gouvernement a finalement appuyé un peu plus fort sur l’accélérateur. L’indemnité carburant grimpe désormais à 100 € par travailleur éligible. Cette aide directe a été conçue pour soutenir le pouvoir d’achat des actifs confrontés à la hausse des prix de l’essence et du gazole. Mais attention, tout le monde ne peut pas tendre la main au guichet. Le dispositif repose sur plusieurs conditions bien précises.
Qui peut bénéficier de l’aide carburant ?
Premier point vérifié par l’administration : les revenus du foyer. Les impôts se basent sur le Revenu Fiscal de Référence par part indiqué sur votre avis d’imposition 2025, celui qui reprend les revenus de 2024. Le plafond a été fixé à 16 880 €. En clair ? Cela correspond à peu près à un salaire mensuel net de 1 508 € pour une personne seule.
Autre condition importante, et beaucoup passent à côté : il faut avoir exercé une activité professionnelle en 2024. Sans revenu d’activité, impossible d’obtenir l’aide. Les retraités et les personnes sans emploi ne sont donc pas concernés par ce dispositif.
Indemnité carburant : les critères pour les “grands rouleurs”
L’État ne vise pas seulement les automobilistes modestes. Il cible surtout ceux qui utilisent énormément leur véhicule pour travailler. Pour toucher cette aide, il ne suffit pas simplement d’avoir une voiture et une carte bancaire traumatisée par les passages à la pompe. L’État cible surtout les conducteurs qui roulent beaucoup pour travailler. Concrètement, vous devez habiter à plus de 15 kilomètres de votre lieu de travail, soit au minimum 30 kilomètres aller-retour chaque jour.
Une autre possibilité existe si vous utilisez votre véhicule personnel dans le cadre professionnel. Dans ce cas, il faut dépasser les 8 000 kilomètres parcourus par an pour le travail. Autrement dit, si votre voiture connaît mieux la route du bureau que votre canapé ne connaît votre dos, vous entrez peut-être dans les critères.
Autre critère, le type de véhicule. Seuls les modèles thermiques à deux, trois ou quatre roues sont concernés, à condition qu’ils soient correctement assurés. Les voitures électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène restent exclues. Même chose pour les véhicules de fonction et les poids lourds.
Comment demander l’indemnité carburant de 100 € ?
Contrairement à certaines aides automatiques, ici, il faut faire la démarche soi-même. Et comme souvent avec l’administration, mieux vaut éviter de s’y prendre la veille de la fermeture du guichet.
Le formulaire de demande est accessible directement en ligne sur le site des impôts à partir du 27 mai 2026, et le guichet restera ouvert pendant deux mois.
Pour compléter votre dossier, plusieurs informations devront être renseignées : votre numéro fiscal, l’immatriculation du véhicule, le numéro de carte grise, puis une déclaration sur l’honneur à signer. Rien de très compliqué sur le papier. Une fois le dossier validé par la Direction générale des Finances publiques, le versement des 100 € intervient par virement bancaire sous une dizaine de jours en moyenne.
Contrôles et justificatifs : ce qu’il faut conserver
Même si la procédure repose sur une déclaration, cela ne signifie pas que personne ne vérifie. L’administration fiscale conserve un droit de contrôle pendant cinq ans. Il faudra donc soigneusement les justificatifs de trajet, les attestations d’employeur ou tout document prouvant chaque déplacement professionnel. En cas d’erreur ou de fraude, les sommes versées devront être remboursées. Et les pénalités peuvent grimper de 50 % à 100 %.
Peut-on cumuler cette aide avec d’autres dispositifs ?
L’indemnité carburant de 100 € peut être cumulée avec la Prime Carburant Employeur. Le plafond d’exonération de cette dernière a d’ailleurs été relevé à 600 € par an pour les entreprises qui choisissent de la mettre en place.
En revanche, certains professionnels relèvent d’autres systèmes d’aides spécifiques. C’est notamment le cas des agriculteurs ou des entreprises du BTP utilisant du gazole non routier. Pour eux, les demandes passent par des guichets sectoriels dédiés sur la plateforme Chorus Pro.

