Le Mondial de l’Auto vient de fermer ses portes à la Porte de Versailles. Cette édition du salon auto 2026 a retrouvé une belle énergie et un public passionné. Le retour d’Audi et Mercedes nous a fait chaud au cœur. Les géants Renault, Stellantis et Volkswagen étaient aussi au rendez-vous. Pourtant, un sentiment un brin mélancolique gâche un peu la fête. On garde l’impression étrange de s’être baladé au milieu de quelques énormes chaises vides.
Les géants absents du salon de l’auto
C’est la grosse surprise de cette édition : BMW n’a tout simplement pas fait le déplacement. Pourtant, la marque est le 4ᵉ vendeur du continent européen. Elle est aussi en plein lancement technologique de sa fameuse architecture Neue Klasse. La firme bavaroise avait initialement confirmé sa venue. Elle a finalement effectué un rétropédalage remarqué. En cause ? Des vents contraires violents sur le marché chinois et des arbitrages budgétaires très fermes. Évidemment, sa filiale MINI a suivi le mouvement. Cela a laissé sur leur faim ceux qui espéraient voir la nouvelle gamme Cooper, Aceman et Countryman sous les projecteurs.
Autre absence marquante mais prévisible : Nissan. La marque est en pleine restructuration. Elle affiche une ardoise estimée à 4 milliards d’euros de pertes sur 2024-2025. Des fermetures d’usines sont également au programme. Payer un stand parisien n’était clairement pas la priorité. Résultat : pendant que Renault paradait dans le hall 6, Nissan a brillé par son absence. Le public a ainsi été privé d’un contact direct avec la nouvelle Micra 100 % électrique ou le X-Trail.
Les constructeurs électriques : qui a déserté le salon de l’auto 2026 ?
Du côté de chez Tesla, on a gardé ses habitudes : Elon Musk a préféré faire l’impasse pour communiquer dans son coin. Mais l’absence la plus difficile à comprendre sur les moquettes du salon est restée celle de MG. Alors que la marque a été l’une des premières à défricher le marché de l’électrique accessible en France, elle a curieusement laissé le champ libre à toute sa concurrence.
Quant au géant Toyota, il n’y avait pas non plus de grand stand d’exposition. Comme lors de l’édition précédente, le japonais et sa division premium Lexus ont boudé le hall principal, Toyota se contentant d’une présence minimale ciblée sur l’espace innovation.
R.I.P. le rêve automobile dans les allées ?
Si vous avez arpenté les halls dans l’espoir d’entendre chanter des V8 ou d’admirer la pureté des lignes italiennes et anglaises, la déception a dû être au rendez-vous. Ferrari, Lamborghini, Porsche, Maserati, Aston Martin, McLaren ou encore Jaguar / Land Rover ont toutes séché le rendez-vous. Pour ces marques de prestige, le calcul est désormais purement commercial. Leurs clients ne se déplacent plus dans les grands salons populaires. On leur préfère des événements privés ultra-sélects, où la lumière et le profil des invités sont sous contrôle total.
Le paradoxe de cette édition 2026 du salon de l’auto
C’est là que le bilan devient fascinant. Pendant que de nombreux ténors historiques ont boudé Paris, ils affirmaient que « les salons automobiles appartiennent au passé ». Une armée de constructeurs chinois (BYD, XPeng, Leapmotor, Zeekr, Chery, Omoda, Jaecoo) s’est installée en force ! Ils ont parfaitement compris qu’aller montrer physiquement leurs modèles à des centaines de milliers de visiteurs reste l’un des meilleurs moyens de s’imposer en Europe.
Un choix stratégique discutable pour les absents… ou une opportunité en or saisie par les nouveaux venus ?

