
Le 26 mars 2025, Donald Trump a sorti une annonce façon coup de klaxon : les droits de douane sur les produits importés aux États-Unis vont grimper. Mise en place prévue le 1er août… et les voitures sont bien dans la ligne de mire. Bonne nouvelle tout de même, l’Union européenne a négocié à la dernière minute un accord commercial pour éviter le pire. Mais la question reste entière : avec ce virage tarifaire, les ventes de bolides allemands vont-elles garder la même allure… ou finir dans les bouchons ?
Un accord favorable pour les voitures fabriquées aux Etats-Unis
Les Etats-Unis et l’UE ont négocié un nouvel accord commercial pendant des semaines. Les émissaires européens ont espéré que les échanges transatlantiques continuent à se faire librement. Malheureusement, elles ont dû approuver le nouveau tarif de base fixé à 15 %. Certes, cette taxe est largement plus digeste que celle annoncée par Donald Trump au mois de mars 2025.
Les experts ont révélé les répercussions de ces nouvelles mesures tarifaires sur les ventes automobiles allemandes. Le tableau est contrasté : il pourrait booster certaines ventes… mais aussi en freiner d’autres. Hildegard Müller, présidente de la puissante fédération allemande de l’automobile (VDA), s’est voulue rassurante. Selon elle, ce pacte commercial joue dans le camp des constructeurs allemands qui produisent déjà sur le sol américain. On cite entre autres Mercedes et BMW.
L’UE s’est effectivement engagée à dédouaner les voitures en provenance des Etats-Unis qui entrent en Europe dans ce présent accord. Les nouvelles taxes de 15% n’auront donc pas d’incidence sur les ventes des véhicules made in Germany fabriqués en Amérique. Leurs producteurs ont déjà le privilège d’entrer librement sur le marché américain. Ils pourront aussi exporter leurs produits en Europe sans difficulté. Leur succès ou leur échec repose uniquement sur la qualité de leurs produits et leur capacité à faire face à la concurrence.
Des conséquences négatives pour les autres constructeurs
Ce qu’il faut souligner, la majorité des voitures allemandes ne sortent pas des usines américaines. Les constructeurs qui produisent ailleurs vont devoir composer avec les nouvelles mesures tarifairesimposées par Washington. Prenons Audi par exemple : la marque a choisi le Mexique pour installer ses lignes de production. Or, ce pays est aussi soumis à un tarif de base de 15%.
Certes, l’UE a réussi à négocier un tarif de base raisonnable de 15%. Mais cette nouvelle taxe reste un frein coûteux. Sa mise en place risque de faire exploser les coûts de production, déjà alourdis par l’inflation. Cela risque de réduire la capacité de production des fabricants allemands qui n’ont pas d’usines aux Etats-Unis. Leurs chiffres de ventes vont donc diminuer. En outre, les marges de profits seront réduites.
Notons que les Etats-Unis constituent le premier marché d’exportation des voitures allemandes. Mais avec un tarif douanier de 15 %, le moteur risque de tousser. Déjà sous pression à cause de l’inflation et de la concurrence chinoise, les constructeurs germaniques voient ce nouvel obstacle comme un vrai ralentisseur sur leur route.
Selon l’analyse du Rhodium Group, Gregor Sebastian, cet accord commercial entre Washington et Bruxelles pourrait pousser certains fabricants à déménager leurs chaînes de production directement aux États-Unis. Sur le papier, l’idée semble logique. Mais, c’est un pari risqué. Pourquoi ? Parce que personne ne peut prédire les décisions de la prochaine administration américaine en matière de tarifs douaniers.