Le 17 juin 2026, un petit morceau de l’histoire automobile française s’est arrêté… dans un discret bruit de porte d’usine. Ce jour-là, la toute dernière Alpine A110 équipée d’un moteur thermique a quitté les chaînes de production de Dieppe, en Normandie. Une vraie page se tourne pour ce coupé biplace qui, depuis son grand retour en 2017, a fait battre le cœur des passionnés de conduite. Et il faut reconnaître qu’elle avait de sérieux arguments ! Légère, précise et incroyablement agile, l’A110 s’est imposée comme une référence du plaisir au volant, au point de tenir tête à des modèles aussi emblématiques que la Porsche 718 Cayman.
Pourquoi Alpine est-elle contrainte d’arrêter l’A110 thermique ?
L’A110 essence ne disparaît pas parce que les conducteurs ont cessé de l’aimer. En réalité, si elle s’efface, c’est surtout parce que les règles européennes ont considérablement évolué. Tout d’abord, de nouvelles exigences en matière de cybersécurité ont vu le jour. De plus, les crash-tests sont devenus plus rigoureux. Enfin, la norme GSR 2 est arrivée. Celle-ci impose de nouveaux systèmes d’aide à la conduite pour renforcer la sécurité.
Face à cela, la voiture aurait dû être profondément repensée. Cependant, une telle transformation est-elle vraiment rentable pour un modèle produit en petites séries ? Ce n’est pas vraiment le cas. En effet, les investissements nécessaires auraient été colossaux. Par conséquent, Alpine a choisi de concentrer ses ressources sur sa prochaine génération de véhicules. Cette décision attriste forcément les puristes. Néanmoins, elle illustre aussi les bouleversements que traverse aujourd’hui toute l’industrie automobile.
Un bilan commercial salué par les puristes
En neuf ans de carrière, la seconde génération de l’A110 aura séduit 28 701 acheteurs à travers le monde. De plus, les derniers mois de production ont été marqués par l’écoulement des stocks. Ils ont également vu l’assemblage de séries exclusives très haut de gamme, à l’image de l’extrême A110 R.
Ensuite, les carnets de commandes sur-mesure ont définitivement fermé au printemps 2026. Par conséquent, ces derniers exemplaires essence endossent déjà le costume de collectors instantanés. De ce fait, leur cote sur le marché de l’occasion s’annonce d’ores et déjà soutenue.
Quelle transition pour l’usine de Dieppe ?
La fin du thermique ne signifie pas pour autant la mort du site normand. En effet, l’usine de Dieppe se prépare activement à accueillir la relève. Celle-ci prendra la forme d’une future A110 entièrement électrique, programmée pour les années 2026-2027.
Bien entendu, la marque a habilement laissé une porte entrouverte sur de potentielles adaptations futures. Celles-ci dépendront des soubresauts du marché et des attentes des puristes. Néanmoins, c’est bien une page décisive qui se tourne ainsi pour le sport automobile français.



